Intervention lors du débat en séance plénière du Parlement européen consacré aux Paradise Papers, à Strasbourg le 14 novembre 2017

 

De Luxleaks aux Paradise Papers, les scandales qui ont ému l’opinion ont montré qu’au sein de la famille européenne, nous avons désormais deux devoirs.

D’abord, un devoir moral. Mettre fin, une fois pour toutes, aux pratiques par lesquelles certains membres de la famille ont volé le potentiel fiscal de leurs voisins. Attirer les talents ou les investisseurs par des taux bas publiquement affichés et pratiqués relève d’une concurrence fiscale normale. Autoriser, encourager, faciliter, et finalement organiser des montages qui suppriment de fait tout impôt, ce n’est plus acceptable. C’est un outrage contre l’égalité entre les contribuables au sein d’un même pays. Et c’est un outrage contre la solidarité européenne. Ce sont nos valeurs fondatrices communes qui sont bafouées.

Ensuite, un devoir économique. Nous offrons à nos entreprises un espace unique commercial, un espace unique réglementaire, un espace unique monétaire, nous achevons de construire l’espace unique bancaire et financier. Nous leur devons aussi un espace fiscal européen. Il est temps d’abolir les cloisons qui fragmentent le grand marché en 28 espaces fiscaux différents. Les PME en sont les premières victimes.

Le projet ACCIS est la réponse commune à ces deux devoirs. Le Parlement propose d’enrichir le texte de la Commission en posant les bases d’une imposition des plateformes numériques. Pour une fois, l’Union a un temps d’avance sur l’OCDE et sur le Congrès des Etats-Unis. Nous avons l’opportunité rare d’être les pionniers, et donc la première référence mondiale, pour la mise en oeuvre d’une politique majeure adaptée aux besoins du XXIe siècle.

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Crise en Catalogne : “On ne l’avait pas anticipée à ce point”

Alain Lamassoure, député européen et vice-président de la délégation française du groupe PPE, a déclaré mercredi 11 octobre sur franceinfo“qu’on n’avait pas anticipé à ce point” la crise en Catalogne. La veille, le président catalan Carles Puigdemont a prononcé un discours devant le parlement où il a promis une indépendance à la Catalogne tout en suspendant son application.

Alain Lamassoure :  Carles Puigdemont a donné l’impression d’un homme accablé par sa victoire qui ne sait pas très bien ce qu’il veut faire et qui n’est pas à la hauteur des événements qu’il a déclenchés. Il annonce l’indépendance, il dit : ‘je suspends sa mise en application pour permettre un dialogue sans lequel rien n’est possible.’ C’est exactement comme si un conjoint annonçait son intention de divorcer en disant : nous allons divorcer mais je préfère un divorce à l’amiable et je préfère qu’on dialogue sur les modalités du divorce. Il n’y a rien à négocier en réalité.

L’Union européenne ne devrait-elle pas passer à l’action ? Les Catalans ont demandé une médiation.

Il est totalement hors de question que l’Union européenne prenne objectivement le parti des Catalans contre Madrid. Je reprends la comparaison d’un couple qui veut divorcer. Lorsque vous avez des amis, des proches, des cousins qui s’envoient de la vaisselle à la figure, vous les appelez au calme mais vous ne prenez pas le parti de l’un contre l’autre. À ce moment-là, vous êtes démonétisés pour jouer un rôle de médiation. Nous, l’Union européenne, nous avons joué un rôle de médiation lorsque l’on nous l’a demandé et de manière efficace dans la crise irlandaise (…). Monsieur Puigdemont annonce qu’il veut se donner du temps pour une négociation mais il ne dit pas que tout est négociable. Quoiqu’il arrive, quelles que soient les modalités d’une médiation, à la fin des fins c’est le divorce et ça évidemment l’Espagne ne peut pas l’accepter, Madrid ne peut pas l’accepter. Lire la suite…

“Exclusion des pro-Macron: Lamassoure quitte Les Républicains” : dépêche AFP publiée le 24 octobre

L’eurodéputé et ancien ministre Alain Lamassoure a annoncé mardi soir qu’il quittait Les Républicains après la décision du parti d’exclure de ses rangs cinq responsables pro-Macron, dont le Premier ministre Edouard Philippe, dénonçant “une pénible course à la droite la plus conservatrice”.

“Archi-favori pour les élections majeures de 2017, le parti LR a réussi à perdre une élection présidentielle imperdable, face à un candidat jailli du néant, puis les élections législatives face à un parti qui n’existait pas trois mois auparavant”, rappelle dans un communiqué l’ancien ministre délégué aux Affaires européennes (1993-1995) puis au Budget (1995-1997).

“Malgré cela, c’est l’un des siens”, Edouard Philippe, “qui est devenu Premier ministre, avec une feuille de route largement inspirée par le programme de LR et soutenue aujourd’hui par les deux tiers de ses sympathisants (…) Et voilà qu’aujourd’hui, le même parti exclut Edouard Philippe”, déplore-t-il.

“Privé de toute boussole politique, LR se réfugie dans une pénible course à la droite la plus conservatrice au lieu de revenir aux valeurs qui ont fait toutes les victoires communes de ses familles fondatrices: l’union de la droite et du centre, l’économie sociale de marché, l’humanisme, l’Europe”, ajoute l’ancien chef de la délégation française au Parti populaire européen.

“LR craint-il l’échec du gouvernement ou sa réussite ? En 2002, j’ai quitté le parti de François Bayrou parce que je souhaitais la réussite de Jacques Chirac et du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Aujourd’hui, je quitte LR parce que je souhaite la réussite du redressement de la France et de l’Europe engagé depuis le printemps”, explique M. Lamassoure. Lire la suite…

LES REPUBLICAINS A LA RECHERCHE D’UN DOMICILE FIXE

Archi-favori pour les élections majeures de 2017, le parti LR a réussi à perdre une élection présidentielle imperdable, face à un candidat jailli du néant, puis les élections législatives face à un parti qui n’existait pas trois mois auparavant. Malgré cela, c’est l’un des siens qui est devenu Premier ministre, avec une feuille de route largement inspirée par le programme de LR, et soutenu aujourd’hui par les deux tiers de ses sympathisants. Le groupe parlementaire l’a d’ailleurs reconnu en s’abstenant de censurer l’investiture du gouvernement et en adoptant à l’unanimité l’autorisation de réformer le Code du travail par ordonnances. Et voilà qu’aujourd’hui, le même parti exclut Edouard Philippe.

Les optimistes souriront. Paraphrasant Groucho Marx, « je n’accepte plus dans mon club un membre qui réussit, sans le club, à remplir la mission du club. » Mais sur un tel sujet, un tel degré d’humour dépasse ma propre jovialité gasconne.

Les pessimistes observeront que, privé de toute boussole politique, LR se réfugie dans une pénible course à la droite la plus conservatrice. Au lieu de revenir aux valeurs qui ont fait toutes les victoires communes de ses familles fondatrices : l’union de la droite et du centre, l’économie sociale de marché, l’humanisme, l’Europe.

LR craint-il l’échec du gouvernement, ou sa réussite ? En 2002, j’ai quitté le parti de François Bayrou parce que je souhaitais la réussite de Jacques Chirac et du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Aujourd’hui, je quitte LR parce que je souhaite la réussite du redressement de la France et de l’Europe engagé depuis le printemps.

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