Réaction au discours de Donald Tusk à Helsinki

A l’occasion du Congrès du Parti populaire européen (PPE) à Helsinki, le président du Conseil européen Donald Tusk a prononcé un remarquable discours. Le Groupe d’études géopolitiques publia mon commentaire de ce discours dans sa revue Le Grand continent. Le voici :

« Je n’ai pas un mot, pas une virgule, à changer à ce discours qui était le plus remarquable du congrès du Parti Populaire Européen à Helsinki cette semaine – et qui est sans doute le plus beau discours que Donald Tusk ait prononcé depuis qu’il est président du Conseil européen. Il était nécessaire de faire ce rappel des valeurs fondamentales de la famille démocrate-chrétienne à un moment où elles sont piétinées par un certain nombre de personnes dans les démocraties à travers le monde, y compris dans l’Union européenne et au sein de notre famille politique du PPE, en particulier par Viktor Orbán. Il est donc clair que c’était une attaque directe, très violente contre Viktor Orbán, contre qui d’ailleurs les deux tiers du groupe parlementaire du PPE avaient, il y a un mois, voté le déclenchement de la procédure de sanction prévue par l’article 7 du Traité Européen.

J’espère que ce discours sera un coup d’arrêt aux tentations de glissement vers l’extrême-droite, aux tentations autoritaires, qui pourraient ou auraient pu être contagieuses au sein du PPE. Cela n’ira pas plus loin, mais ce coup d’arrêt était nécessaire. Compte tenu du prestige de la fonction de Donald Tusk, ce discours a une force incontestable.
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Tous Européens !

Si le Président Macron veut nous parler de l’Europe version « nouveau monde » par rapport à l’Europe dont parlait « l’ancien monde », qu’il ne présente pas le débat européen comme opposant les pro-Europe et les anti-Europe. Ce débat-là est aussi vieux que la construction européenne, et il est complètement dépassé.

Même pour ceux qui détestent l’Union européenne. Même pour le FN et ses amis politiques européens. Souvenez-vous du scandale Luxleaks et des Panama Papers. Les plus grosses multinationales mondiales – américaines, chinoises, japonaises, comme d’ailleurs européennes – avaient réussi à échapper à tout impôt direct à la faveur de la « mondialisation ». Le Parlement européen a proposé un plan d’action pour y mettre fin. Avec un cadre fiscal commun pour toute l’Europe. Tous les députés européens du FN ont voté pour.

Ainsi qu’un certain Matteo Salvini, qui était encore eurodéputé avant de devenir le flamboyant ministre de l’Intérieur italien. Pas de justice fiscale mondiale sans l’Europe !

Salvini, parlons-en. Comme Donald Trump, c’est un adepte du tweet compulsif et il a l’insulte plus facile que l’euphémisme. Mais sur l’immigration, toute son action est un pathétique appel au secours adressé à l’Union européenne : pas de maîtrise des flux migratoires sans l’Europe !

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Consultation citoyenne – Comment enseigner l’Histoire dans l’Europe en paix ?

Comment enseigner l’Histoire dans l’Europe en paix ? J’ai le plaisir de vous inviter à la consultation citoyenne que j’organise, vendredi 5 octobre, qui sera introduite par Nathalie Loiseau, ministre des Affaires européennes.

J’aurai le plaisir d’y accueillir Edouard Husson, historien et vice-président de l’Université PSL, Steffen Sammler, de l’Institut Georg Eckert de Brunswick, Guillaume Le Quintrec, responsable du manuel d’histoire franco-allemand, Laurence Bragard, de la Maison de l’Histoire européenne, et Louis de l’Escalopier, porteur du projet citoyen EU Stories.

Cette consultation, qui accueillera par ailleurs des lycéens de plusieurs établissements franciliens, se tiendra vendredi 5 octobre au Consulat de la Gaîté à Paris, à partir de 14h30 (entrée libre).

Crise des migrants en Italie : “Le ridicule le dispute à l’odieux” (Franceinfo)

Retrouvez mon interview chez Franceinfo d’hier soir ci-dessous.

 

franceinfo : Quel est le message envoyé à l’Italie par les dix pays européens : vous n’êtes pas les maîtres de l’Europe ?

Alain Lamassoure : Oui, bien entendu. La méthode de l’ultimatum consistant à dire “Il faut que les autorités européennes décident, sinon nous ne participons plus au financement de l’Europe” est ridicule. Ça n’a jamais fonctionné et c’est contre-productif. C’est un bateau des garde-côtes italiens et on ne va pas se lancer, chaque fois qu’un bateau amène des migrants dans un port italien, dans une négociation pour savoir comment on va répartir les personnes entre les 27 pays européens

Pour vous, c’est donc une affaire italo-italienne ?

C’est une affaire qui devient italo-italienne. Le ridicule le dispute à l’odieux. C’est odieux vis-à-vis de ces malheureux et c’est totalement ridicule. D’ailleurs, au sein même du gouvernement italien de coalition, les tensions deviennent maintenant très fortes. On a l’impression, vu de l’extérieur, qu’en réalité ils préparent de prochaines élections italiennes parce que cette coalition ne durera pas. Elle va exploser au plus tard au moment de la présentation du budget de l’année prochaine, pour lequel il y a des idées totalement opposées entre les partis. Au fond, Matteo Salvini profite de la popularité que lui a donnée sa position démagogique vis-à-vis des migrants pour essayer d’améliorer sa situation électorale.
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Conférence-débat : “Regards vers l’avenir, vers quel monde allons-nous ?”

A l’invitation de l’abbé François Esponde, j’ai eu le plaisir d’intervenir à Cambo-les-Bains le 8 août dernier à l’occasion d’une conférence portant sur l’avenir de l’Europe et du monde en présence du cardinal Roger Etchegaray.

Mon intervention à cette occasion est disponible sur le site de la radio locale Lapurdi.

 

LE REPLAY

 

 

 

 

“Leur vocabulaire de haine se diffuse dans la société dans l’indifférence” (L’Express)

J’ai accordé une interview au journal L’Express au sujet de l’actualité de la politique migratoire européenne et des réactions récentes de nos Etats-membres.

Il y a sept ans, la fièvre a d’abord touché les pays scandinaves, à l’image des “Vrais Finlandais”, dont les propos extrémistes font passer Marine le Pen pour une enfant de choeur. Elle s’est ensuite propagée au reste de l’Europe – évoquons, parmi d’autres, les propos racistes du néerlandais Geert Wilders. Le danger, c’est que ces partis extrémistes arrivent parfois au pouvoir, souvent au sein de coalitions. Leur vocabulaire de haine, qui se nourrit de notre angoisse identitaire, se diffuse dans la société dans l’indifférence. Qui s’est ému, en Italie, lorsque les dirigeants du mouvement Cinq Étoiles et de la Ligue ont écrit, dans leur premier contrat de gouvernement, qu’il n’y aurait pas de francs-maçons au gouvernement ?

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