Lettre à nos amis Irlandais


Pour un Français, connaître l’Irlande, c’est l’aimer. Enfant, elle avait pour moi le charme troublant de l’indomptable Maureen O’Hara dans “The Quiet Man”. Etudiant, j’ai appris le fighting spirit sur les terrains de rugby avec les joueurs du Trèfle, et ma chambre était tapissée des photos de John et Bob Kennedy. Devenu père de famille, j’ai donné à mon fils aîné le prénom de Patrick : le 17 mars est désormais notre grande fête familiale.


Par un heureux hasard, je suis entré dans les affaires européennes lorsque l’Irlande a rejoint la Communauté : je ne saurai jamais si l’aventure européenne méritait d’être vécue avant, mais elle a toujours eu pour moi la musique de la ballade irlandaise.


L’Irlande a-t-elle gagné à sa participation à l’Union ? C’est à vous de le dire. Vu du continent, le pays qui était le plus pauvre d’Europe est désormais plus riche, par habitant, que le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et les pays scandinaves. L’Irlande ne voit plus émigrer ses fils, elle attire ceux de ses voisins. Elle a su mettre a profit intelligemment la politique agricole commune, la politique régionale européenne, et son appartenance à l’euro, alors que les Britanniques persistaient dans l’attachement à une monnaie insulaire. La famille européenne a accompagné et aidé chacun des pas de la longue marche du processus de paix en Irlande du Nord. Enfin, chacun sait bien, en Irlande et ailleurs, pourquoi la crise financière mondiale n’a pas eu, à Dublin, les conséquences apocalyptiques que subit Reykjavik. Lire la suite…

The G20 challenge : no to economic warfare!


’Every man for himself!’ was the reaction of all the major powers of the time to the financial crisis of 1929. Each country shut itself away to protect its agriculture, its industry, its currency and its jobs. The currency war, followed by the trade war and then the industrial war, eventually led to war, pure and simple.


This time, political leaders have demonstrated a remarkable sense of calm. It may have taken the collapse of Lehman Brothers in September to realise the true extent of the crisis that had already been growing for a full year, but three weeks were all that were needed for Europeans and Americans to agree on a number of large-scale, coordinated and complementary rescue plans. Moreover, at the initiative of the European Union, on 15 November, emerging countries will be engaged in the search for lasting global solutions. This is the challenge facing the G20 meeting, which has come about as a result of the personal determination and political leadership of Nicolas Sarkozy in his capacity as President of the European Council. So, are we saved?


Closer inspection reveals that the choice between global solidarity and the ‘every man for himself’ scenario has not yet been made. It all depends on how the rescue plans will be implemented. For the drastic remedies that are required to save the global financial system have side effects which present an equal number of formidable political problems. Let us mention just two. Lire la suite…

L’enjeu du G20 : non à la guerre économique!


Chacun pour soi : ce fut la réaction de toutes les grandes puissances de l’époque à la crise financière de 1929. Chacun s’enferma pour protéger son agriculture, son industrie, ses devises, ses emplois. La guerre monétaire, puis la guerre commerciale, puis la guerre industrielle finirent par déboucher sur la guerre tout court.


Cette fois, les dirigeants politiques ont fait preuve d’un sang-froid remarquable. S’il a fallu attendre la faillite de Lehman Brothers, en septembre, pour faire prendre conscience de la portée de la crise qui se propageait déjà depuis un an, trois semaines ont suffi pour qu’Européens et Américains s’entendent sur des plans de sauvetage considérables, coordonnés et complémentaires. Et, à l’initiative de l’Union européenne, les pays émergents seront associés le 15 novembre à la recherche de solutions durables à l’échelle de la planète. C’est bien l’enjeu de la réunion du G20, que l’on doit à l’acharnement personnel et à l’autorité politique de Nicolas Sarkozy en tant que Président du Conseil européen. Sommes-nous donc sauvés ?


Un regard un peu plus attentif montre que, entre la solidarité planétaire et le chacun pour soi, le choix n’est pas encore fait. Tout dépend de la manière dont les plans de sauvetage seront exécutés. Car les remèdes de cheval rendus nécessaires pour sauver le système financier mondial comportent des effets secondaires qui sont autant de problèmes politiques redoutables. N’en citons que deux. Lire la suite…

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