[VIDEO] LEÇON DE L’AQUARIUS

 

L’Aquarius. Ainsi s’appelle le navire affrété par une organisation humanitaire pour recueillir les malheureux migrants africains menacés de se noyer en Méditerranée. Sa dernière pêche a sauvé plus de 600 personnes. Derrière l’image, réfléchissons un peu.

Victoire pour les formidables réseaux de passeurs : la présence efficace de navires humanitaires est la meilleure publicité pour rassurer et attirer chez nous les jeunes africains privés d’avenir chez eux.

Victoire pour les égoïsmes nationaux. Le nouvel homme fort italien se glorifie par tweet d’avoir fermé ses ports à la misère humaine. Malte a fait de même. Et la France ? Chut ! Par chance, l’Espagne a parlé avant qu’on réalise que la France est aussi un pays méditerranéen.

Échec complet de la maîtrise du phénomène migratoire.

Or tout le monde connaît la bonne réponse : elle doit être européenne. À tous les niveaux.

À l’origine, auprès des pays de départ. Nous accordons à l’Afrique des dizaines de milliards d’euros d’aides. Exigeons des conditions politiques : respect de la démocratie, accord de réadmission des émigrés irréguliers.

À la frontière de l’Union : ce n’est pas à la marine italienne, ni aux policiers bulgares ou finlandais de contrôler les frontières communes. Nous avons créé il y a 18 mois un corps européen de garde-côtes et de garde-frontières. Donnons-lui les moyens nécessaires.

Mettons-nous d’accord sur un quota annuel global de migrants acceptables en Europe, et sur leur répartition entre nous : l’Allemagne, qui n’a plus d’enfants, a besoin d’une main d’œuvre étrangère bien plus importante que nous.

La France et l’Allemagne veulent relancer l’Europe. Ne perdons pas de temps dans le ixième renforcement technique de la zone euro, bâtissons la politique migratoire commune.