Des dirigeants malades d’amnésie


Les maux économiques et financiers dont souffre l’Europe seraient traités plus efficacement si ceux qui gouvernent l’Union – en fait, les dirigeants nationaux réunis en Sommets – n’étaient atteints d’une amnésie proprement invalidante.


Oublié, le traité de Lisbonne !


Sa gestation pénible avait pourtant duré dix ans. Par une heureuse coïncidence, il est entré en vigueur fin 2009, à la veille de la crise grecque. Son dispositif aurait permis d’adopter toutes les mesures nécessaires dans le cadre d’une « coopération renforcée ». Las ! Les grands dirigeants ont préféré mettre en chantier un nouveau traité, le « pacte budgétaire », dont la ratification exigera encore des mois alors que les marchés financiers continuent de flamber. Le degré d’amnésie est tel que Nicolas Sarkozy, qui avait été, en 2007, le principal accoucheur de ce qu’il appelait alors le « mini-traité », ne l’a pas cité une seule fois dans son bilan de mandat ! Hélas, le mal frappe tout autant de l’autre côté du Rhin : vétéran de la politique européenne, Wolfgang Schäuble, propose aujourd’hui de relancer l’Europe politique en dotant l’Union d’un Président élu au suffrage universel : or, en vertu du traité de Lisbonne, dès 2014 le Président de la Commission sera élu par le Parlement européen au lendemain de la propre élection de celui-ci, c’est-à-dire, en fait, par les citoyens eux-mêmes, comme le sont le chancelier allemand et tous les Premiers ministres de nos 25 autres partenaires, et comme les maires de nos 36 000 communes. Lire la suite…

“Les trois âges de la Politique agricole commune”, article publié dans “La Lettre des Entretiens européens” publiée par Confrontations Europe (numéro de juillet 2012)


De toutes les politiques européennes, la PAC a toujours été la plus populaire dans l’hexagone. Parce que les Français sont aussi viscéralement attachés à leur agriculture que les Allemands le sont à leur industrie. Parce que l’accord fondateur du 14 janvier 1962 a scellé le ralliement du gaullisme au Marché Commun. Parce que cette première politique européenne commune, restée hélas la seule, demeure l’enfant chéri des fédéralistes, sur tout l’échiquier politique. Couronnement de cette passion française : en 2005, lors de la dernière négociation du cadre budgétaire européen pour la période 2007-2013, la

seule

priorité – non pas la première, la seule ! – définie par le Président Chirac au nom de la France était le maintien du budget de la PAC. Il a eu gain de cause : l’agriculture absorbe encore 40% du budget communautaire, alors qu’elle ne représente plus que 4% du P.I.B. de l’Union. Et voilà que s’ouvre la négociation pour la période suivante : 2014-2020. Quelle est la politique agricole dont l’Union a besoin désormais ?


La PAC d’origine reposait sur trois principes, dont la complémentarité était considérée comme un dogme quasi-religieux. La préférence communautaire, interprétée comme une politique protectionniste fièrement revendiquée. L’unité du marché, tous les produits devant circuler librement d’un pays à l’autre. Enfin la solidarité financière : l’égalité des conditions de concurrence entre les producteurs européens exigeait la prise en charge de la Lire la suite…

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