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BLOG - l'UMP et le référendum sur la Constitution européenne

A l'occasion de son dernier conseil national, l'UMP a pris position pour l'organisation d'un référendum sur la Constitution européenne, « dans le respect des prérogatives du président de la République ». Le projet Constitutionnel est à la fois une victoire française et une nouvelle ambition politique pour l'Europe.

I – Une victoire française :

- Une initiative française: Jacques Chirac a été le premier des dirigeants européens à lancer l'idée dans son discours de Berlin en juin 2000.
- Une animation française: la présidence de la Convention européenne a été assurée par Valéry Giscard d'Estaing; les membres de toutes les familles de l'UMP ont joué un rôle : Michel Barnier, Pierre Lequiller, Hubert Haenel et moi-même.
- Une base de travail franco-allemande: la proposition commune de janvier 2003.
- Un résultat fidèle à la vision française et conforme aux souhaits de la quasi-totalité des participants français.

II – L'Europe réinventée :

Que reproche-t-on à l'Union européenne?
- Elle est anonyme. « Bruxelles » est une nébuleuse où nul ne comprend qui fait quoi.
- Elle intervient trop dans des sujets secondaires et pas assez là où l'on aurait vraiment besoin d'elle.
- Elle donne l'impression d'échapper au contrôle des autorités politiques élues.
- Elle est engagée dans une fuite en avant pour accroître ses compétences et élargir sa géographie.

La Constitution répond à ces critiques, en introduisant 5 novations majeures, à partir des propositions françaises.

1 - L'Union européenne (UE) n'est plus un simple accord économique et monétaire, c'est une union politique, fondée sur des valeurs communes. Les pays qui ne les respectent pas ne sont pas admis ou sont exclus.

2 - Les compétences de l'Union sont clairement définies. Elles ne pourront plus déborder sur les responsabilités nationales, le contrôle étant assuré par les Parlements nationaux eux-mêmes.
- L'Europe est l'espace dans lequel sont fixées les grandes règles du jeu de la vie en commun (économie, monnaie, environnement, reconnaissance mutuelle des normes et des diplômes etc.) l'espace de défense vis-à-vis du monde extérieur : commerce international, grand banditisme, immigration clandestine etc., et l'espace de préparation de l'avenir : recherche scientifique, espace, grands programmes industriels et technologiques.
- L'Etat reste l'espace de l'identité (langue, éducation, culture) et l'espace principal de la solidarité : la redistribution entre les riches et les pauvres (impôt sur le revenu, aide sociale), entre les malades et les bien portants (assurance maladie, santé), entre les jeunes et les seniors (retraites) reste de compétence nationale.

3 - L'Europe aura ses dirigeants propres, distincts des dirigeants nationaux, et politiquement responsables pour leur seule action européenne. Le Président de la Commission européenne sera choisi au sein du parti politique européen vainqueur des élections européennes.

4 - Au sein de la Grande Europe, la possibilité est donnée aux Etats plus ambitieux d'avancer dans de nouveaux domaines sans attendre les autres. Ces Etats pourront engager entre eux une "coopération renforcée", à la seule condition qu'ils soient au moins huit. Ainsi, l'arrivée de nouveaux membres ne ralentira pas l'action des membres plus anciens dans des domaines que ceux-ci jugent prioritaires (sécurité, défense…).

5 – Les nouvelles demandes d'adhésion ne seront plus traitées par les seuls gouvernements : le premier débat aura lieu devant les Parlements nationaux. Ainsi, de nouveaux membres ne seront pas imposés à des opinions publiques réticentes.

Au total, l'Union européenne sortie de la Constitution n'est, ni une fédération, ni une confédération. C'est une communauté de nations originale.
- Elle sera efficace: les décisions se prendront essentiellement à la majorité (au Parlement et au Conseil), et non plus à l'unanimité qui paralysait de nombreuses décisions (par exemple sur la baisse de la TVA restauration).
- Elle respectera les identités nationales: toutes les compétences liées à l'identité demeurent nationales. Le système éducatif, le système de santé, les services publics, le régime de la fonction publique, le cœur du droit du travail, les arts et traditions régionales... Pour les négociations internationales, « l'exception culturelle » est inscrite dans la Constitution.
- Elle respecte les souverainetés nationales. Les compétences données à l'Union peuvent lui être retirées. Et tout Etat qui ne s'y sentirait plus à l'aise peut demander à quitter l'Union.
- Enfin, ce ne sera plus une affaire d'initiés : les citoyens y auront toute leur place, en choisissant les décideurs et en pouvant même exercer directement un droit de


Rédigé par Alain Lamassoure le 1.06.2004 @ 15:09

Commentaires

Groupe ATTAC
Rue de l'Industrie
12400 Saint Affrique le 1er juin 20004

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat(e) aux élections européennes du 13 juin 2004 dans la circonscription du sud-ouest où nous sommes électeurs. Nous espérons la mise en place d'une Europe des citoyens où les valeurs de solidarité, de liberté, d'équité et de justice seront respectées.

Nous sommes particulièrement préoccupés par l'avenir des Services Publics garants de la préservation des biens communs.
Concernant votre engagement comme représentant des citoyens au sein du Parlement européen :

· Quels sont les biens publics inaliénables qui, selon vous, doivent être gérés par les services publics et rester hors du champ de la libre concurrence ?

· A quel niveau de décision pourrez-vous agir afin d'assurer la préservation des ces services et leur maintien hors des négociations dans le cadre de l'Accord Général sur le Commerce des Services ?

· Pensez-vous que les négociations de l'AGCS dans le cadre de l'OMC se fassent dans une transparence suffisante pour que les parlementaires puissent exercer un contrôle démocratique ?

· Comment et avec quels délais les parlementaires européens sont-ils informés sur les offres de l'Union européenne en matière de services dans les négociations à l'OMC ?

· Quel est le pouvoir du parlement sur le mandat du Commissaire européen au commerce, successeur de M. Pascal Lamy, qui négociera pour l'Union européenne dans le cadre de l'OMC et quelles sont les limites à donner à ce mandat ?

Concernant le projet de traité établissant la Constitution pour l'Europe, qui doit être ratifié par les Parlements nationaux ou par référendum :

· Souhaitez-vous que soient inscrits au titre des objectifs de l'Union :
les services publics explicitement affranchis des règles de la libre concurrence
le principe de la non régression des droits des citoyens

· Pensez-vous qu' « un marché unique où la concurrence est libre et non faussée » doive figurer dans les objectifs de l'Union comme énoncé dans le projet de traité (article I-3-2) ? Nous pensons que la libre concurrence ainsi reconnue comme objectif européen met en péril l'idée même de coopération et de solidarité et risque de remettre en cause l'existence des services publics à plus ou moins long terme.

Colette Peltier
Pour le groupe ATTAC St Affrique

Publié par: Peltier le 2.06.2004 @ 19:12

Madame, la liste UMP du Sud Ouest a participé à un débat organisé par votre association le 28 mai à Mont Marsan. Vous trouverez les réponses aux questions posées à cette occasion dans la rubrique « prise de position » de notre page d'accueil. Ces réponses traduisent bien nos positions face à vos préoccupations sur l'Europe sociale, la concurrence et la notion de service public. Nous ne masquons pas nos nettes et évidentes divergences politique, notamment sur votre lecture très partiale du projet de Traité constitutionnel et sur vos conceptions économiques.

Pour les autres questions :
- l'UMP a clairement pris position lors de sont dernier conseil national en faveur de l'organisation d'un référendum sur la Constitution.
- l'UMP soutient l'OMC et l'AGCS. La France a joué un grand rôle dans la fondation de l'organisation mondiale du commerce. Alain Juppé était ministre des affaires étrangères et j'étais ministre délégué aux affaires européennes lors de la ratification des accords de Marrakech en 1994. Les risques de dérives du commissaire Lamy sont pratiquement inexistants puisque outre l'agenda qui est le sien, s'il venait à en sortir, le résultat de ses négociations ne seraient pas validé par ceux qui ont le dernier mot : le conseil européen (chefs d'Etats et de gouvernement), les parlements nationaux et le Parlement européen.
- J'apporte une précision tout de même sur la concurrence. Ce n'est pas la concurrence qui est un objectif de l'Union, c'est son caractère « libre » et « non faussée ». Et ce n'est pas la même chose !!! Dans un grand marché unique, ne pas poser cet objectif, c'est assumer les distorsions de concurrence et des drames économiques et sociaux, et surtout l'avantage apporté aux gros Etats et aux plus riches sur les plus petits et les plus pauvres.

Publié par: Alain Lamassoure le 10.06.2004 @ 19:52

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